samedi 12 avril 2014

Le roman entre dans le cyberespace...



Certes, on s'écarte un peu de la poésie... surtout pour le style... mais les livres de Tom Clancy ont toujours été de bons indicateurs de la pensée sécuritaire officielle des Etats-Unis...

En effet, Tom Clancy nous a déjà fait traverser la guerre froide avec un sous-marin nucléaire russe (Octobre rouge), combattre le Terrorisme (Jeux de guerre), lutter contre les trafiquants de drogue (Danger immédiat) ; il nous a sensibilisé aux enjeux de l’Espace (le Cardinal du Kremlin)… Cette fois, il nous entraîne dans un combat contre la Chine via le Cyberespace, avec quelques Russes encore égarés de-ci de-là. 
Dans « cybermenace », baptisé différemment « threat vector » en V.O., il y a encore les ingrédients qui ont fait le succès des ouvrages précédents : Jack Ryan (père… et fils cette fois, tel un label déposé), beaucoup de technologie, des services secrets et un engrenage politique destructeur. Encore une fois, la force de l’ouvrage réside dans la dynamique de l’intrigue et des enjeux, dans l’utilisation méticuleuse d’une documentation technique très riche et d’actualité. En fait, il est intéressant de constater que ce type d’ouvrage aborde de façon romancée des problématiques contemporaines que l’on retrouve aujourd’hui dans de nombreux essais ou traités stratégiques américains et même … français. 

La trame générale de la rivalité sino-américaine sur fond de cyber et la combinaison des menaces physiques classiques avec les cyber-menaces viennent parfaitement conforter les thèses de deux officiers français dans leur livre  Attention : Cyber ! Vers le combat cyber-électronique. En effet, ils y évoquent un parallélisme certain, dans la stratégie américaine, entre la guerre des étoiles contre l’URSS et la confrontation dans le cyber contre la Chine (lire « les stratégies d’une nouvelle guerre froide ? »p.132). Dans leur description du champ de bataille d’un futur proche (chapitre sur « le combat cyber-électronique au cœur des opérations »), ils donnent aussi l’exemple de la prise de contrôle de drones (p. 177).

Bref, en relisant Tom Clancy, il devient possible de traverser les trente dernières années de la perception sécuritaire des Etats-Unis avec ce tropisme très marqué pour la haute technologie, les services de renseignement et leur influence sur les mécanismes décisionnels des dirigeants. A l’heure des révélations de Prism et des rivalités cybernétiques entre Russes et Ukrainiens autour de la Crimée, on peut se demander si ce nouvel ouvrage ne donne pas le ton pour inclure le cyber dans les conflits modernes.

AdA.

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